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samedi 12 juin 2010

Tri-cycles

Illustration "Three Versions of Colour", par BrthrArnold sur www.deviantart.com
J'entends la mort dans leurs mots...les diagnostiques ambivalents, les experts et leur conviction, mon esprit qui joue dans son jardin. Onco-hématologues, psychiâtres et médecins s'imposant chacun dans leurs écoles de pensées, je me méfie de ces dires qui parsèment et biaisent mon chemin.

J'entends le vert dans mes jours....les cyclistes occasionnels, les curieux cavaliers sur leur monture, mon homme qui joue dans son jardin. Carouges, Merles et Quiscales s'écriant dans les vinaigriers, je me remplie de ces airs qui parfument et caressent mes alentours.

J'entends le rire dans ses yeux, j'y vois la vie et ses possibles, j'y puise l'assurance qui mène aux assises, ses étoiles filant en guides de mes pas anxieux.

jeudi 3 juin 2010

Ruban

Photo: "Ribbon"de MMayhem, sur www.deviantart.com


Dans l'exubérance du printemps, j'ai ouvert la porte à une inconnue; elle m'a tendu sa besace, et dit: "Prends! Tu connais le contenu de son ventre, extirpe maintenant à ta guise les bouquets d'éléments." Quelle offre surprenante! J'ai décidé de prendre comme un cadeau, ce qui pourtant m'appartenait. Dans ma musique de chambre, je fuguais sans mesure... en thématiques discordantes, expérimentant par césures... et la suite se révèle en possible concerto. Courage! Il y a une oeuvre à maîtriser.

Dans la patience et le pardon, lentement se dégagent les signifiés. Et je peux deviner un rythme dans leur danse illustrée. Mieux! Je veux conserver l'image, chaque image, dessinée dans une linéarité sereine. Un néant qui s'équilibre au rythme d'un univers, tel un Big Bang personnalisé en expansion perpétuelle, qui semble s'adapter à une tangente instinctuelle. Désaxé, le temps reprend son souffle, perdu qu'il était à faire des cercles.
Enfin, il m'est permis un pas certain ! L'inconnue m'a offert ses notes en appuyant sur les silences, m'indiquant l'interprétation probable pour les joindre en chemin.
À moi de jouer! Je connais l'inconnue et sa portée!
Je tisserai mes racines en ouvrage, bâti solidement sur les stigmates de mon passé.
Les segments signifiants reprendront leur place.
Relions-les dans mon dos, qu'ils laissent leurs traces...
Je pourrai alors m'y accrocher!

samedi 22 mai 2010

Comorbidité

Image : "Overlap and Overlay", par Tubbster sur www.deviantart.com


Troublant tous ces troubles superposés. Des paradigmes infinis qui défilent en boucles, "endless impossibilities" dans l'éclatement obligé des balises dont les résultantes s'entremêlent en tourbillons houleux.
Mais la beauté des sourires, celle qui absout les images de négligence primitive, réussit à l'amour et me fait des clins d'oeil heureux dans le détour.

J'ai besoin de repères dans la réalité tout en ayant conscience de leur volatilité .
Est-ce toute cette lourdeur qui me cause cette douleur aux épaules? Les omoplates en mode d'armure et le mandibule inférieur qui gauche dans son aperture. Les possibilités m'aveuglent, et au mieux, me brouillent. Tout n'est pas égal en parties, ni éloquent en décortiquant. Ce jardin qui ne demande qu'à fleurir me demeure inconnu. Avec le temps, il m'est devenu presque familier dans sa persistance, même attendu ; comme à la brunante, à travers les champs on perçoit des couleurs dominantes malgré l'enchevêtrement et la beauté de la chose demeure l'acceptance du chaos sans y découvrir de sens. Cela est, simplement.

Ce qui se ressemble peut provenir de tellement d'ailleurs! Le mal est fait, le fait est, on fait avec.
Le jardin cafouilleux de mon existence est pertinent.


samedi 5 décembre 2009

Deal avec les gitans

Le 7 novembre 2009. C'était ma première sortie dans le bois, sans aide, depuis 6 mois. Une activité tellement attendue! Pour une fois la blessure à l'origine de mon incapacité n'était pas accompagnée d'incertitude ou d'anxiété. À l'origine, un accident fortuit, imprévisible, mais un temps d'arrêt obligatoire beaucoup plus long qu'escompter. Goûter la nécessaire humiliation, demander de l'aide pour d'illusoires obligations. Ce jour de novembre mon corps m'a finalement laissée aller, sans m'interrompre. Par précaution, j'ai demandé le retour avant d'avoir mal, estimant le temps de l'aller pour prévoir le retour. J'étais en retrait, témoin de leur plaisir, moi anxieuse de la dimension spatio-temporel et aux aguets. Eux, juste contents de reprendre ce rituel établi entre nous depuis toujours. Ce fut une leçon.
Être dans le vivant, s'en remplir la trompe; se forcer au présent, en apprécier les combles. Surtout, sentir la pertinence de faire partie d'un "tout" cohérent et ainsi diluer les ombres.

Pour les enfants.

mardi 17 novembre 2009

MANIFESTE


Image: "Expect Resistance" by Porkshanks sur www.deviantart.com


"Trop de mots et pas d'idées...ou trop d'idées en peu de mots. Tout se bouscule à l'extérieur et trop de tumulte à l'intérieur. Tout est lutte, tout devient flou, il faut choisir entre les cibles. Cours Perséph, cours! Mais c'est le combat, il faut affronter. L'air prend feu et la volonté vacille. J'ouvre mon chemin malgré l'état de siège, en solitaire malgré mes pairs. Mes paramètres s'égarent et les armes se jouent de moi. Incidieusement. Je n'arrive parfois pas à deviner l'ennemi; il est moi mais il est le monde aussi. J'suis embrouillée et en bouille mais pas encore en bouillie.

Le pire ennemi est celui qu'on ne voit jamais mais qui nous atteint tout le temps. Celui constitué d'une structure tellement élaborée, qu'on peine à établir une stratégie pour seulement agir en vivant, être en vie et le manifester pour se faire respecter, de soi-même ou de l'autre devant. Je considère que c'est un droit et une obligation pour vivre vraiment.

Je suis là et je suis lasse, puisant force dans mes blessures pourtant. Aussi, par grâce ou par chance, je connais l'amour depuis l'aube de mon temps; sans cesse appuyée et alimentée, cet estime a été et reste un gage de survie.

En ce moment, je me dis que je ne sais pas qui vous êtes. Pour une rare fois j'ose exprimer ces interrogations en ce lieu de mes épanchements. Je vous sais là, sporadiquement, désincarnés et sans visage, pour la plupart. Un certain réconfort. J'ai besoin de toutes les formes d'énergie, car je suis dans une de ces périodes d'angoisse tellement féroce qu'il m'est pénible physiquement de la contenir. C'est terrible. Je dois jouer contre moi et contre La Machine.

J'écris pour évacuer. Tentative. À suivre.
Surtout, je me MANIFESTE. "

mercredi 6 mai 2009

Mon nid (Part one)


Ceinturé par des épineux protecteurs et des feuillus divers sur trois côtés, témoin de tant d'amour et d'autant de souffrance, il avait déjà une histoire quand je l'ai trouvé.
Une décennie maintenant de mes poussières y sont accumulées. Plus d'un se diront par la distance rebutés, mais plusieurs ont parcouru la route et la suivent encore pour venir s'y apaiser. Cet isolement je le choisis encore, malgré la solitude plus difficile à briser. Ainsi je conserve le choix dans le désir aléatoire de possible grégarité.
Une ouverture sur le Nord Ouest en constitue l'accès; ainsi orienté sur le coucher du soleil, dont les dernières lueurs se faufilent été comme hiver entre les branches des amis-arbres qui les accueillent, le rose, l'orangé et ensuite le bleu profond colorent la fin du jour. À la brunante d'un soir de juin, installé sur l'intime balcon avant camouflé par les lilas odorants, on peut entendre les grenouilles et les engoulevents qui chantent leur histoire d'amour.
J'aime le travail des années qui a permis d'inventer tous ces racoins particuliers d'ambiances et de possibilités.
Le Nord Est, permet un horizon apaisant pour le regard qui peut ainsi se promener à l'aise de champs à forêts jusqu'au clocher du village voisin à une dizaine de kilomètres au loin. Les orages et les couleurs d'arcs-en-ciel en doublés constituent tout un spectacle privilégié quand on peut en humer les odeurs tout en en étant protégé.
Plein Est, le feu se lève en rouge souvent, rappelant les fruits de mes vinaigriers sur lesquels il s'assoit en équilibre un moment dans l'espace fugace de l'inévitable montée.
Le Sud - Sud-Est est l'endroit du rire et des enfants; espace de jeux, de goûters improvisés, et des feux de fin de soirée....c'est l'endroit des confidences, de la proximité, de tous ces signifiants silences peu importe l'origine de leur naissance, soutenant la transparence dans l'authenticité.....Plusieurs matins de mes saisons mais particulièrement mes étés, j'ai pu être témoin du présent, assise à contempler l'explosion de la vie verdoyante vivant de ce côté ...ça fait du bien de se réapproprier son monde au printemps, de réapprivoiser les ombres et de laisser aller le temps....
Voilà un 360 allégé en prémisse, l'esquisse des limites du refuge ceinturant mon nid dans son intimité.

jeudi 19 mars 2009

Sine qua non


Que me dit l'arbre dans sa danse imposée par l'erratique cadence du vent en apparence?
Je ne suis rien mais je suis tout, il s'agit d'en saisir la pertinence
Dans les gestes et les actions, agissons en conséquence
Pour notre monde, entre deux pôles en ambivalences
Puissions-nous améliorer la cohérence de notre discours!
Les tiraillements anodins alimentant la discordance
Ne pourrait-on utiliser cet élan pour soumettre en transparence
L'intérêt de travailler éventuellement en accord de conscience,
Et ainsi secouer l'inconsciente indifférence
Pour assurer la pérénnité de nos jours?

dimanche 1 février 2009

Qui suis-je?

Je n'ai pas d'opinion,

je flotte dans le flot.

Je n'ai pas de prétention,

j'évacue en mots.

J'écris.

Je ne suis pas que discours.

Je ne suis pas que lectrice.

Je ne suis pas qu'écrits.

J'existe.

mercredi 28 janvier 2009

Survivant

Petit homme. Abandonné dès tes premiers moments, tu as construit ta stratégie avec tes seules richesses disponibles: ton charme et ton instinct de survie. Il t'a fallu compétitionner et combattre pour gagner ta place. Deux ans de ténacité, de pleurs incompris, pour de rares moments de tendresse obtenus au détriment des autres petits. Pas le choix de subir "live or die" en continu. Angoisse, faim et tourments, malgré tout souriant et résilient dès le début. Et tu as marché vers nous étrangers, qui t'avons déraciné et amené loin de ton univers connu. On ne peut te reprocher ta force de séduction, la rigidité de tes positions et tes tentatives de manipulation. C'est grâce à ces traits de caractère que tu as survécu.

Petit homme. Je me réconcilie avec l'idée que tu ne viennes pas de moi, de mon corps; je tente de comprendre tes colères et tes humeurs en y mettant beaucoup d'efforts; parfois maladroitement je trébuche et j'échoue, mais les victoires n'en sont que plus douces. J'ai choisi de te guider et on a appris à s'aimer. Tu me montres la route au-delà, à devenir plus grande moi, inconditionnellement.

Petit homme. Je suis la figure maternelle qui pour toi signifie l'abandon. Je sais. Et pour toi je l'accepte même si j'en souffre. Malgré tes efforts à constamment mettre à l'épreuve mon amour, tes crises et ton opposition ne réussissent pas à réduire mon implication. Plus tard, j'espère et je rêve de rire du long chemin près du gouffre, sur lequel nous aurons toi et moi, réussi à construire un pont.

Petit homme. Tu poses maintenant des questions, mais comment te raconter sans confirmer que oui, elle t'a abandonné? Tu cherches ton histoire, mais l'introduction et le premier chapitre ont été égarés, subsistant peut-être en mots épars, ici et là-bas, dans quelques mémoires. Bientôt, je te présenterai ta boîte aux trésors dans laquelle j'ai conservé des morceaux de souvenirs qui reposent; on tentera ensemble de les recoller, pour solidifier les bases de ton monde.

Petit homme. Mon désir est que tu deviennes, un peu grâce à moi, le grand homme que je perçois en toi. Toi, le survivant.

dimanche 18 janvier 2009

Apprendre

Mise à nue dans ma terre fraîchement remuée, fragilisée mais prenant conscience de l'état permutant permettant de parer le vent de la lumière agressante, enfin repoussé par le global magnétisme du système de défense. Rêver devenir ces ondes ondoyantes, rôle honorant par sa délicate présence et sa lumineuse danse. Faire partie d'un tout, en deviner les parties; privilège d'initiée contre le temps de l'ombre et pour le temps d'une vie.
To delay is the worst kind of denial. Il faut apprendre à recevoir les coups. De ce fait, ils n'en sont plus, se transformant en expériences et en mouvements, ...en désirs aigus.

jeudi 15 janvier 2009

Gaza


Je regarde autour de moi, je vois et j'entends.

Ici et au loin, entre les hommes sur ce monde.

Qui est mon seul monde.

Et si on n'avait pas encore compris ce qu'est le véritable amour? Saura-t-on un jour?

Tout part de soi, aimons à n'en plus finir pour contrer l'infâme, séduire les âmes et ultimement abandonner les armes.
Image: "Love" de Arlek-in

jeudi 1 janvier 2009

Hiberner: Day One

Perséphone s'installe dans ses quartiers d'hiver.
Ça semble se présenter tel un fait divers. Pourtant non. Les racines restent à parfaire. L'avant-bras sur le front maintenant accueillant la brise d'instinct, on laisse s'allumer les aguets. Les vrais. Les feux qui comptent et non ceux qui comblent et consumment quelconque vide coque.

Les méprises se présentent en foule cacophonique et fuguent l'interprétation. En vain.
Métamorphoses des données primitives qui se dévoilent alors en éclaireurs dans l'étroit passage de la conscience.

D'accord. J'y suis. Je suis.

Voguer sur les forces de la source de la rivière de vie.

dimanche 19 octobre 2008

Élan en 3 temps


Que tu adoucisses mes humeurs chagrines
Que tu m'inspires à redresser l'échine

Que tu puisses attendrir mes épines

Que tu m'incites à ancrer mes racines


Puisses-tu me troubler de tes mondes?

Puisses-tu me bouleverser de tes mots?

Penses-tu assimiler toutes mes ondes?

Veux-tu m'abreuver de ton eau?


J'aspirerai à vaincre les envers

Je prendrai plaisir à te plaire

Je serai passion dans ta sphère

Je deviendrai l'équation de ton univers

lundi 22 septembre 2008

Trouble envahissant sublimé

À toi ma gitane qui m'apprend à lire la vie dans ta lumière
À la musique de tes sourires par lesquelles tu colores notre sphère
À tes deux sombres lacs sans fond dans lesquels on perçoit maintenant de lumineux poissons
À ta délicate et subtile éloquence dans tes danses vagabondes
À ta vieille âme qui transparaît et qui tente et qui tâte le terrifiant réel du monde

Tu t'accroches à tes joies et tu sors plus souvent de ta sécurisante tannière
Tu m'accueilles dans ton univers à bras maladroits et cependant ouverts

Tellement mon amour a foi en chacune de tes victoires
J'userai de tout pouvoir pour remplir d'étoiles tous tes trous noirs



mercredi 10 septembre 2008

Tintant Murmure

Tant qu'il y aura le respect dans le partage des idées
Tant qu'il y aura de l'émerveillement et de la curiosité
Tant qu'on aura l'élan de rire et de s'apprécier
Tant qu'on aura le pardon des fautes assumées
Tant qu'on aura le courage et la foi dans l'intimité
Tant qu'il y aura des amants et de profondes amitiés

J'aurai le désir d'aimer.

mardi 5 août 2008

Qu'est-ce?

Une réciprocité quasi immédiate, un engouement commun, un bien-être partagé, un désir constamment sous-jacent, du plaisir dans les mots et dans le corps, et surtout, la simplicité des échanges, le respect et la louange des différences.