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dimanche 20 septembre 2009

Le pubis de l'oiseau


Un ami m'a indirectement rappelé mon bagage en témoignant du sien. Dans un moment opportun d'introspection, je laisse aller ce que suscite le souvenir soudain et mets de côté la raison.
Je glisse de l'éveil et l'ailleurs s'ouvre. Pour fuir les contraintes de mon corps, je m'égare faisant fi du gouffre. Toujours cet instinct d'équilibre, une compensation naturelle nécessaire pour ne pas croupir dans l'ombre et ne mourir qu'en songe. Les images ainsi créées à partir de sensations et d'obligations traduisent une interprétation à parfaire.

Ce que l'on devient, ce qui nous a marqué, ce qui s'en est construit, tout simplement nous suit. De ces bagages qui nous ralentissent et qui peuvent nous immobiliser ensuite, je retiens le tout pour mien peu importe les risques, je retiens le tout pour mieux apprivoiser la suite.
Des valises de responsabilités, des sacs à dos de blessures, des baluchons de rêves et des gourdes d'images troubles ou limpides; des sachets de rires à n'en plus finir, des malles de souvenirs. De quoi le croupion s'alourdir. Je m'impose une trève, je me déleste de ma peine.

Je ne vois pas le chemin. Il se découvre au quotidien. Je traîne ma besace, parfois fière, parfois sans grâce, et j'avance en stagnant sur place à certains endroits hypocritement malsains. L'amour des miens, ceux de ma race, souffle cependant mes voiles et dans mes trébuchements épars me soutient. Je reprends la tâche.


En observant l'oiseau en vol, on le voit brindille au bec pour la construction de son nid, on le voit boue en pinces pour solidifier son trésor, on le voit régurgiter pour nourrir ses petits. Sinon, quels sont ses bagages?
Le pubis de l'oiseau est à nu la plupart du temps. Et il vole, il mange, il chante. Léger.


Image: "Fallen feather" par Muamer sur www.deviantart.com

mercredi 6 mai 2009

Mon nid (Part one)


Ceinturé par des épineux protecteurs et des feuillus divers sur trois côtés, témoin de tant d'amour et d'autant de souffrance, il avait déjà une histoire quand je l'ai trouvé.
Une décennie maintenant de mes poussières y sont accumulées. Plus d'un se diront par la distance rebutés, mais plusieurs ont parcouru la route et la suivent encore pour venir s'y apaiser. Cet isolement je le choisis encore, malgré la solitude plus difficile à briser. Ainsi je conserve le choix dans le désir aléatoire de possible grégarité.
Une ouverture sur le Nord Ouest en constitue l'accès; ainsi orienté sur le coucher du soleil, dont les dernières lueurs se faufilent été comme hiver entre les branches des amis-arbres qui les accueillent, le rose, l'orangé et ensuite le bleu profond colorent la fin du jour. À la brunante d'un soir de juin, installé sur l'intime balcon avant camouflé par les lilas odorants, on peut entendre les grenouilles et les engoulevents qui chantent leur histoire d'amour.
J'aime le travail des années qui a permis d'inventer tous ces racoins particuliers d'ambiances et de possibilités.
Le Nord Est, permet un horizon apaisant pour le regard qui peut ainsi se promener à l'aise de champs à forêts jusqu'au clocher du village voisin à une dizaine de kilomètres au loin. Les orages et les couleurs d'arcs-en-ciel en doublés constituent tout un spectacle privilégié quand on peut en humer les odeurs tout en en étant protégé.
Plein Est, le feu se lève en rouge souvent, rappelant les fruits de mes vinaigriers sur lesquels il s'assoit en équilibre un moment dans l'espace fugace de l'inévitable montée.
Le Sud - Sud-Est est l'endroit du rire et des enfants; espace de jeux, de goûters improvisés, et des feux de fin de soirée....c'est l'endroit des confidences, de la proximité, de tous ces signifiants silences peu importe l'origine de leur naissance, soutenant la transparence dans l'authenticité.....Plusieurs matins de mes saisons mais particulièrement mes étés, j'ai pu être témoin du présent, assise à contempler l'explosion de la vie verdoyante vivant de ce côté ...ça fait du bien de se réapproprier son monde au printemps, de réapprivoiser les ombres et de laisser aller le temps....
Voilà un 360 allégé en prémisse, l'esquisse des limites du refuge ceinturant mon nid dans son intimité.

samedi 21 mars 2009

La visite du vent

Je paresse et me prélasse, prétextant faiblesse passagère. Je sais pourtant le constat de permanence qui pend patent de la pathologie persistante de mon état. Pernicieux et pieux mensonge permettant la pure légèreté de la pensée et exécuter précisément la poussée positive repoussant la pression pour prendre position parfois passable et peu sage mais s'en foutre pertinemment. Prioriser la transition et accepter le sort qui place l'écart, peu importe.

Douce singularité. Je succombe à la responsabilité.

D'un coup le vent me lave de la poussière morose, enlevant l'amertume de mon vêtement. Là, maintenant, dans la prose, me faire cadeau de mon présent.

Dans mon lit dans mon nid, je puis jouir de mon senti et jouer dans ma lumière. L'or de mon temps me cédant enfin le temps de me soumettre au vent et lui tendre l'oreille. Je renoue mes sens pour dénouer l'instant, déjouer l'angoisse et réaliser le moment. Le vent me dévoile en mouvant mon autrement.

jeudi 19 mars 2009

Sine qua non


Que me dit l'arbre dans sa danse imposée par l'erratique cadence du vent en apparence?
Je ne suis rien mais je suis tout, il s'agit d'en saisir la pertinence
Dans les gestes et les actions, agissons en conséquence
Pour notre monde, entre deux pôles en ambivalences
Puissions-nous améliorer la cohérence de notre discours!
Les tiraillements anodins alimentant la discordance
Ne pourrait-on utiliser cet élan pour soumettre en transparence
L'intérêt de travailler éventuellement en accord de conscience,
Et ainsi secouer l'inconsciente indifférence
Pour assurer la pérénnité de nos jours?

vendredi 24 octobre 2008

Plénitude givrée en prière


Oh soleil d'automne! Tu réussis toujours à m'atteindre. Tu me recentres en suspension dans le temps. Je m'habite dans un glissement de l'esprit portée par le fluide éthéré dont tu canalises les flots vibrants en adoucissant tes courbes colorées. Me voilà apprivoisée et orientée dans ta lumière. Le privilège de répondre aux mésanges insistantes, de m'interroger sur le sexe des geais, revoir les juncos, saluer les sizerins qui remplaceront les chardonnerets. Le privilège d'être attentive au vent, aux cercles sensitifs induits par sa respiration; d'observer la vie de mon nid. Chaque souffle de ma caverne y laissant entrer une lueur en échange et l'équilibre revient. Je me cristallise et scintille, parée pour la saison à venir.

I indulge myself for a moment.
Me dorer à ta lumière et être à la fois caressée par cette brise fraîche, paresseuse mais pleine d'audace! Quelle musique réjouissante que ces bourdonnement, piaillements et frémissements! Déployant dans un arc-en-ciel de merveilles, des goûts, des odeurs, des sensations, en petits touchers papillonnant sur mon corps et ma conscience, éparpillant dans la nature, mon essence. Ce dénuement progressif s'apparentant à la démarche effeuilleuse de la courtisane, elle me séduit dans son apparente fragilité fanée, ...et je fléchis. Captive de son mystique murmure, je quête l'armistice avec humble ferveur.

I indulge myself once more.
Accueille ma soumise adoration et inspire-moi jusqu'à tes profondeurs
Pressens les douleurs de mon âme et guéris moi de mes troubles-peurs
Regarde mes formes et mes couleurs abandonnées aux éléments de la terre
Abîme-moi dans la constance des tes violences et la grandeur de tes mystères

I will survive; time after time.
*Photo de Luc, le goth.

lundi 15 septembre 2008

Au-delà de la libellule

Elle flottait sur l'eau, vivante encore
Mais graduellement vains devenaient ses efforts.
Ses ailes collées ne suffisaient à la tâche
Elle se préparait à la mort, lasse.
Je la pris sur mon doigt
Et tenta de la mettre à l'aise
Doucement l'alléger de son poids,
Malgré le désarroi, elle s'apaise
Me permettant le toucher et l'aide.

Ce bref et délicat échange de compassion et d'abandon
Entre deux produits de la création
Ravive en moi cet intense besoin de réconciliation.

Ainsi la vie s'en va à tout vent, passionément.




dimanche 20 juillet 2008

L'appel de la nature

Le privilège d'habiter un espace où il est possible de respirer la pluie dans les arbres et dans un regard porté au loin, devenir la brume dans les champs; y voir l'horizon et assister aux variations teintées du ciel selon l'humeur de la journée. Une humidité persistante en odeurs et en couleurs qui se dégagent, réconfortant la partie vivante en soi. Simple et équilibré, avec des tentatives de tentations tendancieuses simplement évoquées, le ludique tel qu'invoqué se réconcilie et s'apaise devant tant de grâce. L'inassouvi s'abreuve, s'enivre et retrouve la raison. L'appel de la nature.